L’auteur britannique Phillip Pullman (The Golden Compass) est sur le point de publier son prochain roman The Good Man Jesus and the Scoundrel Christ (Jésus le vertueux et Christ la crapule — ma traduction). Il y raconte l’histoire bien connue de Jésus qui, dans cette version, est affligé d’un frère jumeau, Christ, un homme calculateur qui oeuvre dans l’ombre de Jésus et, sous l’influence d’une organisation secrète appelée Église, va même jusqu’à modifier les enseignements de son frère pour les rendre immortels. On devine bien que les miracles et la résurrection seront des manipulations bien ficelés par Christ pour aider Jésus à passer à l’histoire.

Déjà menacé de mort avant même la parution de son livre, Pullman ne semble pas trop se soucier des vagues qu’il soulèvera dans le monde chrétien comme Salman Rushdie avant lui dans le monde musulman lors de la publication de Les versets sataniques. Lors d’une causerie à Oxford aujourd’hui, il a affirmé:

“Je savais que c’était une chose choquante à dire, mais personne n’a le droit de vivre sans être choqué. Personne n’est obligé de lire ce livre (…) et personne n’a le droit de m’empêcher d’écrire ce livre”.

Ça fait du bien de voir qu’il y a encore des gens qui ont le courage de lever des controverses et d’en assumer les conséquences, au péril même de leur vie car si les chrétiens sont moins ouvertement hargneux que les musulmans qui avaient condamné Rushdie à mort en 1989, on les sait très bien capables de n’importe quoi afin de faire taire la source d’un aussi flagrant sacrilège.

Le livre paraît mercredi le 31 mars et un extrait a été publié dans The Guardian hier (en anglais). Je ne le lirai probablement pas mais la controverse m’intéressera sans doute grandement.